Qu’est-ce qu’un glioblastome ?
Le glioblastome est une tumeur cérébrale maligne qui nait du cerveau à partir de cellules cérébrales appelées astrocytes. Les astrocytes sont des cellules gliales du cerveau qui assurent un rôle de soutien aux neurones. C’est la forme la plus fréquente et la plus agressive des tumeurs cérébrales primitives chez l’adulte.
Le glioblastome est une tumeur cérébrale primitive, c’est-à-dire qu’elle naît directement dans le cerveau et qu’elle n’est pas la métastase au cerveau d’une tumeur venant d’une autre partie du corps.
Fréquence et population concernée
- Le glioblastome représente environ 15 % de l’ensemble des tumeurs cérébrales
- On diagnostique en France environ 2 500 à 3 000 nouveaux cas par an
- Il touche le plus souvent l’adulte après l’âge de 50 ans, mais il peut apparaître à tout âge
- Il est plus fréquent chez l’homme que chez la femme
- Dans la grande majorité des cas, il apparaît de façon spontanée, sans cause identifiable et sans prédisposition familiale
Symptômes
Les symptômes varient selon la localisation du glioblastome dans le cerveau. Ils apparaissent souvent progressivement, en quelques semaines et peuvent être peu spécifiques au début.
On distingue trois grandes catégories de symptômes révélateurs d’un glioblastome
- Signes d’hypertension intracrânienne : maux de tête (céphalées), nausées, vomissements prédominant en fin de nuit, une vision double (diplopie), une baisse d’acuité visuelle et des troubles cognitifs pouvant, dans les cas extrêmes, aller jusqu’au coma.
- Déficits neurologiques : faiblesse d’un côté du corps (hémiparésie ou hémiplégie), asymétrie du visage (parésie faciale ou paralysie faciale), décharges électriques d’un côté du corps (dysesthésies, paresthésies), une diminution de la sensibilité d’un côté du corps (hypoesthésie, anesthésie), troubles du champ visuel d’un côté (hémianopsie), des troubles du langage (difficultés d’expression, manque du mot, difficultés de compréhension, propos incohérents, difficultés à lire, difficultés à écrire), des modifications récentes du comportement et de l’humeur ou encore des troubles cognitifs (mémoire, attention, exécution des tâches, orientation temporelle et spatiale…).
- Crises d’épilepsie : Les crises d’épilepsie associées aux tumeurs cérébrales se présentent habituellement sous la forme d’une ou de plusieurs crises répétées focales, avec ou sans perte de connaissance, et pouvant s’accompagner d’un déficit neurologique transitoire. Les crises d’épilepsie peuvent également prendre la forme de crises généralisées tonico-cloniques (perte de connaissance, contraction musculaire puis secousse musculaire aux quatre membres). Pour en savoir plus sur les crises d’épilepsie associées aux glioblastomes : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38165369/
Si la survenue de ces signes neurologiques ne signifie pas systématiquement qu’il s’agit d’une tumeur cérébrale, mais doivent amener à consulter votre médecin traitant pour réaliser un examen clinique et, en cas de besoin, des examens d’imagerie.
Aspect du glioblastome en imagerie
La réalisation d’une IRM cérébrale est l’étape clé du diagnostic de glioblastome.
Sur l’IRM, le glioblastome apparaît comme une masse intra-cérébrale de contour et d’aspect irréguliers, souvent entourée d’un œdème cérébral. Après injection du produit de contraste, on observe souvent un rehaussement hétérogène en « carte géographique » avec une zone centrale nécrosée et une zone périphérique prenant le contraste. Il provoque fréquemment une compression des structures cérébrales voisines que l’on appelle « effet de masse ».
Si les caractéristiques de l’IRM permettent d’orienter fortement vers le diagnostic, seule l’analyse histo-moléculaire du tissu tumoral permet de le confirmer.

Légende de l’image ci-dessus : différents exemples de glioblastomes à l’IRM : on retrouve un aspect typique de lésion intra-cérébrale hétérogène à centre nécrotique et avec une prise de contraste irrégulière périphérique.
Quelle prise en charge pour un glioblastome ?
Lorsqu’un glioblastome est suspecté sur un scanner ou une IRM cérébrale, un avis neurochirurgical doit être pris en urgence. La prise en charge pré-thérapeutique comprend :
- Une consultation avec un neurochirurgien référent en neuro-oncologie chirurgicale
- Une IRM cérébrale multimodale dédiée à l’analyse des tumeurs cérébrales
- L’instauration, au cas par cas, des médicaments à instaurer (corticoïdes, anti-épileptiques)
- Une consultation d’anesthésie pré-opératoire
- Un bilan de santé pré-opératoire
- Un bilan neuro-cognitif et une IRM fonctionnelle en cas de chirurgie éveillée
La prise en charge initiale du glioblastome doit être rapide pour permettre une chirurgie dans les 15 jours suivant le diagnostic, quand cela est possible.
La chirurgie du glioblastome
La chirurgie une étape fondamentale du traitement du glioblastome. Les objectifs de la chirurgie sont multiples : obtenir le diagnostic de certitude, améliorer des symptômes et améliorer la survie. Pour ce faire, la chirurgie vise à retirer le maximum de tissu tumoral tout en préservant les zones cérébrales éloquentes. Plusieurs modalités sont possibles : la biopsie et l’exérèse.
La biopsie est proposée lorsque l’on s’oriente vers une stratégie chirurgicale purement diagnostique, devant une impossibilité d’exérèse du glioblastome ou devant la présence de risques démesurés en défaveur de l’exérèse chirurgicale (Renvoi fiche Biopsie). L’exérèse, c’est à dire que le neurochirurgien va retirer le glioblastome par craniotomie (renvoi fiche craniotomie), est proposée pour retirer le maximum de tumeur avec l’aide de la neuronavigation (renvoi fiche neuronavigation) et de l’échographie per-opératoire (renvoi fiche échographie per-opératoire). La chirurgie de résection peut être réalisée sous anesthésie générale ou en conditions éveillées (Renvoi fiche chirurgie éveillée). Son intérêt est triple :
- Diagnostique, en permettant l’analyse et le diagnostic de la tumeur
- Symptomatique, en améliorant les symptômes en levant la compression cérébrale
- Oncologique, en améliorant le pronostic et la survie en retirant la tumeur
Le type de chirurgie est décidé après discussion entre neurochirurgiens référents en neuro-oncologie chirurgicale.
Notamment, l’âge élevé n’est pas un facteur empêchant la chirurgie d’un glioblastome. Pour en savoir plus : https://link.springer.com/article/10.1007/s11060-017-2573-y

Légende de l’image ci-dessus : deux exemples de résection d’un glioblastome. Un glioblastome temporal gauche (images de gauche) et un glioblastome frontal droit (images de droite). L’IRM post-opératoire montre une disparition complète de la lésion.
Chimiothérapie in situ per-opératoire
Au cours de la chirurgie d’un glioblastome, le neurochirurgien peut implanter des pastilles de chimiothérapie à l’intérieur la cavité opératoire (renvoi fiche chimio in situ). Cette chimiothérapie est délivrée au cœur même de la tumeur et au plus près des cellules tumorales résiduelle – d’où son appellation in situ. Elle offre l’avantage d’être au contact direct du glioblastome, de ne pas entrainer les effets secondaires généraux de la chimiothérapie, et d’agir dans l’attente des traitements oncologiques post-opératoires.

Légende de l’image ci-dessus : illustration de la dépose d’implants de chimiothérapie au fond de la cavité opératoire après résection d’un glioblastome (source Roux et al. Neurochirurgie, 2017).
Lien vers cet article : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0028377017301121?via%3Dihub
Le diagnostic anatomo-pathologique d’un glioblastome
Le tissu retiré au cours de la chirurgie est analysé en laboratoire par un médecin anatomopathologiste. L’examen histo-moléculaire permet :
- De confirmer le diagnostic de glioblastome
- De rechercher certaines anomalies moléculaires importantes pour le pronostic
- De s’assurer de l’absence de la mutation IDH (un glioblastome ne possède pas cette mutation)
- De préciser le statut de méthylation du promoteur du gène de MGMT qui prédit la sensibilité à la chimiothérapie
Un compte rendu anatomopathologique détaillé est établi selon la version 2021 de la classification des tumeurs du système nerveux central de l’OMS. Il définit le « diagnostic intégré » qui est la carte d’identité du glioblastome.

Légende de l’image ci-dessus : Aspect histo-pathologique d’un glioblastome en coloration H&E : on observe une forte densité cellulaire, une prolifération vasculaire et des zones de nécrose typiques d’aspect palissadique.
La prise en charge postopératoire du glioblastome
Après la chirurgie, un traitement post-opératoire, appelé traitement oncologique adjuvant, est nécessaire en cas de glioblastome.
Le choix du traitement post-opératoire est décidé au cours d’une réunion regroupant les différents spécialistes intervenant dans la prise en charge des tumeurs cérébrales (neurochirurgiens, neuro-oncologues, radiothérapeutes, neuropathologistes, neuroradiologues). On parle alors de Réunion de Concertation Pluri-disciplinaire (RCP) de Neuro-Oncologie. Le dossier de chaque patient est discuté au cas par cas en tenant compte des particularités pour proposer le traitement oncologique le plus adapté à sa maladie. A la fin de cette réunion, un Projet Personnalisé de Soins (PPS) est défini puis expliqué au patient par l’un des spécialistes impliqués dans la prise en charge.
Le traitement oncologique de référence d’un glioblastome peut comporter les éléments suivants :
- Radiothérapie à dose maximale (60 Gys, 5 séances par semaines durant 6 semaines)
- Chimiothérapie concomittante à la radiothérapie (Témozolomide à demi-dose)
- Chimiothérapie adjuvante après radiothérapie (Témozolomide à pleine dose) durant 6 mois
- Traitement par champs électriques externes (Tumor-treating field) au long cours
Le suivi après traitement d’un glioblastome
Il est nécessaire de réaliser un suivi très régulier et rigoureux après le traitement d’un glioblastome. Il comporte une consultation et une IRM tous les 3 mois. L’objectif est de surveiller :
- L’efficacité des traitements
- Leur tolérance
- L’absence de récidive du glioblastome
La récidive d’un glioblastome
Malheureusement, le glioblastome a tendance à revenir à proximité de la zone tumorale initiale. En cas de récidive, plusieurs options peuvent être envisagées :
- Une nouvelle chirurgie (si possible sans risque fonctionnel) ;
- Une nouvelle ligne de chimiothérapie
- Une nouvelle radiothérapie
- L’inclusion dans un essai clinique avec des traitements innovants en évaluation
Chaque situation est discutée en RCP pour proposer la meilleure stratégie personnalisée.
L’âge élevé n’est pas un facteur empêchant un traitement maximaliste à la récidive d’un glioblastome. Pour en savoir plus : https://link.springer.com/article/10.1007/s11060-017-2573-y
Le pronostic et la survie d’un glioblastome
La survie d’un glioblastome est malheureusement souvent écourtée. Certains patients vivent longtemps, en particulier s’ils possèdent des facteurs de bon pronostic. Pour en savoir plus sur les patients longs survivants et porteurs d’un glioblastome : https://thejns.org/view/journals/j-neurosurg/142/1/article-p174.xml
Parmi les facteurs de bon pronostic face à un glioblastome, on note :
- Le caractère complet de la résection chirurgicale
- La présence d’une méthylation du promoteur du gène de MGMT
- La bonne réalisation des traitements oncologique
- L’état général conservé
Pour en savoir plus sur l’état général et la survie des glioblastomes : https://link.springer.com/article/10.1007/s11060-024-04699-y
Ainsi, face à un glioblastome, il faut se battre auprès des patients pour apporter les traitements les plus efficace. Le neurochirurgien doit donc mettre en œuvre les techniques chirurgicales adaptées pour améliorer le pronostic des patients. Parmi elles, la chirurgie éveillée permet d’améliorer le pronostic des patients. Pour en savoir plus sur la chirurgie éveillée des glioblastomes : https://www.mdpi.com/2072-6694/13/12/2911
Des questions sur le glioblastome ?
Qu’est-ce qu’un glioblastome ?
Le glioblastome est une tumeur cérébrale maligne qui naît directement dans le cerveau, à partir de cellules appelées astrocytes. C’est la forme la plus fréquente et la plus agressive des tumeurs cérébrales primitives chez l’adulte.
Son nom complet est glioblastome IDH-non muté de grade 4.
Est-ce une métastase ?
Non. Le glioblastome est une tumeur primitive, c’est-à-dire qu’il se forme dans le cerveau lui-même et ne provient pas d’un autre organe.
À quel âge peut-on en avoir ?
Le glioblastome touche surtout les adultes de plus de 50 ans, mais il peut survenir à tout âge, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
Y a-t-il des causes ou des facteurs de risque connus ?
Dans la grande majorité des cas, il n’y a pas de cause identifiée ni de prédisposition familiale. La maladie apparaît de manière spontanée.
Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ?
Les symptômes dépendent de la zone du cerveau atteinte, mais les plus fréquents sont :
Des maux de tête inhabituels ou persistants
Des troubles du langage, de la vision ou de la motricité
Des crises d’épilepsie récentes
Des changements du comportement ou de la mémoire
Comment fait-on le diagnostic ?
Le diagnostic repose d’abord sur une IRM cérébrale, qui montre une masse typique.
Le diagnostic de certitude est ensuite posé après une analyse du tissu tumoral prélevé lors d’une chirurgie ou d’une biopsie.
Quel est le rôle de la chirurgie ?
La chirurgie est l’étape clé du traitement. Elle permet :
D’obtenir un diagnostic précis,
De soulager les symptômes,
Et d’améliorer la survie en retirant le maximum de tumeur possible, tout en protégeant les zones importantes du cerveau.
Est-ce que la chirurgie se fait toujours sous anesthésie générale ?
Non. Certaines biopsies peuvent se faire sous anesthésie locales et certaines opérations se font en condition éveillée, ce qui permet au chirurgien d’identifier et de préserver pendant l’intervention les réseaux cérébraux impliqués dans des fonctions cruciales (langage, mouvements, vision, sensations, émotion, etc).
Qu’est-ce que la chimiothérapie per-opératoire “in situ” ?
Ce sont de petites pastilles de médicament placées directement dans la cavité opératoire pendant la chirurgie.
Elles agissent localement et directement sur les cellules tumorales restantes, sans provoquer d’effets secondaires généraux.
Quels traitements après la chirurgie ?
Le traitement est décidé au cas par cas, selon les caractéristiques de la tumeur, l’âge et l’état du patient et selon ses souhaits. Le traitement le plus classique repose sur une radiothérapie associée à une chimiothérapie puis sur une phase d’entretien par chimiothérapie pendant plusieurs mois.
Peut-on guérir d’un glioblastome ?
Le glioblastome est une maladie très grave, qui est difficile à traiter.
Cependant, certains patients vivent plusieurs années grâce à des traitements bien conduits, une chirurgie complète et des facteurs biologiques favorables.
Qu’est-ce qu’une RCP ?
La Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) réunit les différents spécialistes qui sont amenés à prendre en charge les glioblastomes (neurochirurgien, oncologue, neuro-oncologue, radiothérapeute, radiologue, anatomopathologiste).
Ils décident ensemble du meilleur traitement personnalisé pour chaque patient.
Quelle est la fréquence du suivi après traitement ?
Un bilan clinique et une IRM sont réalisés tous les 3 mois pour surveiller l’évolution, adapter les traitements et détecter une éventuelle récidive.
Que se passe-t-il en cas de récidive ?
En cas de retour de la tumeur, plusieurs options peuvent être envisagées :
Une nouvelle chirurgie,
Une nouvelle chimiothérapie,
Une nouvelle radiothérapie,
Ou la participation à un essai clinique proposant des traitements innovants.